Il fait chaud.
Allez soyons honnêtes, si je vous
dit «été à Milan» vous visualisez le Duomo ensoleillé, de beaux Don Juan
bien bronzés sur leur Vespa qui vous proposent une visite guidée d’un musée sur
la peinture de la renaissance en vous appelant “Bella Mia” ou “Amore Mio”,
du jambon de parme finement tranché sur du melon bien frais… STOP,
arrêtez ! On est loin, mais alors très très loin de la réalité.
Pour ceux qui sont
ici en vacances j’imagine qu'il y a des chances que ce soit sympa (je ne veux
détruire aucun espoir ou rêve de vacance même si je pense que pour venir
passer l'été ici ou on vous à offert le voyage ou vous êtes complètement
malade).
Pour le reste d’entre nous,
Milanais immergés dans la sueur et la vie active c’est tout sauf sympa.
Il fait chaud, chaud au point
qu’on envisage de dormir la tête dans le frigo (la tête seulement car on y a
réellement déjà pensé et que l’on sait que tant bien que mal le reste n’entrera
pas). Chaud au point que c’est impossible d’avoir les cheveux détachés sans
avoir la nuque trempée (surtout si comme moi vous avez la même tignasse que
Lorde). Chaud au point qu’on regrette l’hiver glacial, le confort des UGG et la
vitalité d’une personne de moins de 80ans.
Je ne sais même pas par où commencer.
Avec 40 degrés à l’ombre (ils
annoncent 34 mais tout le monde sait que c’est une manipulation de l’état pour éviter
la révolution) venir au travail en transport en communs c’est déjà un
excellent moyen de débuter sa journée. Je vous laisse imaginer l’état des mêmes
personnes 11heures plus tard lorsqu'elles rentrent chez elles.
(Conseil d’une habitante locale : si comme moi vous avez la chance d’être
à la hauteur des aisselles de tout homme de taille normale, achetez un vélo,
une trottinette, n’importe quoi mais ne vous infligés pas ça!).
Je dois avouer que je rentre dans
les clichés précédemment énoncés car j’ai la chance d’avoir un bel italien qui
me conduit au travail sur son vespa scooter. J’évite de vous
raconter comment se passe la monté et la descente d’un scooter avec des
vêtements adapter à cette température et les récits sur les cuisses
brulées/collées à la selle car j’ai un minimum d’auto-estime malgré tout.
Je ne saurais vous décrire la
situation autrement que : imaginez que vous avez un sèche-cheveux à la
puissance maximale en pleine face.
J’entends déjà ma très chère
grand-mère qui me dirait que je peux me consoler en mangeant un délicieux
«gelato » pour me rafraichir. Je vous donne littéralement 30 secondes
avant que toute votre glace est recouverte votre conne, votre avant-bras et vos
chaussures. Si vous êtes un petit malin et que vous avez opté pour la coupelle,
je vous donne 3 minutes avant que ça tourne au milkshake réchauffé. (Je
parle en connaissance de cause, car vous n’avez pas idée du temps et du nombre
personne qu’il a fallu pour faire la photo ci-dessus.)
On se plaint d’aller travailler
sous cette chaleur, mais au final le pire c’est le weekend. Parce que oui
travailler ça craint mais au moins y a la clim ! La crise économique (et
l’addiction aux chaussures) ne permet pas aux jeunes diplômées comme moi
d’avoir autre chose qu’un bon gros ventilo et vu que la population Milanaise
durant l’été est composée à 90% de moustiques, ouvrir les fenêtres serait la
preuve que vous voulez en finir. Donc après une longue nuit sans air et sans
sommeil on essaye d’échapper à la canicule en squattant dans les magasins et
les cafés, en s’entassant parmi d’autres centaines de gens au bord de
l’évanouissement dans les piscines extérieures. Les plus courageux vont jusqu’à
faire quelques heures de trains pour s’aventurer jusqu’au lacs et les plus
audacieux font des heures de bouchons pour arriver jusqu’à la
vraiment-pas-magnifique-mer de Ligurie.
Je suis vendéenne, j’imagine donc
que ma parole est mise en doute car j’ai culturellement un seuil de résistance
à la chaleur limité (et un seuil de résistance à Jean Yole, à la brioche et aux mogettes plutôt haut, chacun
son truc nah). Mais croyez-moi sur parole c’est une souffrance collective, car
quand ici ils en arrivent à mettre un glaçon dans leur expresso c’est qu’on a
vraiment vraiment touché le fond.

